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tartuffe porte saint martin critique avis blog théâtre quatrième mur TARTUFFE (photo by Pascal Victor/ArtComPress)

Un « Tartuffe » qui manque de sel au Théâtre de la Porte Saint Martin

« L’homme est, je vous l’avoue, un méchant animal ! » – Tartuffe, Molière

C’est un peu le spectacle dont tout le monde parle actuellement. Casting 5 étoiles (Pierre Arditi, Jacques Weber), mise en scène de Peter Stein, un classique de Molière dans les mains d’une pointure allemande, le tout dans un théâtre dont la réputation n’est plus à faire : la formule idéale d’un succès attendu. Et pourtant, ce Tartuffe m’a laissée dans une indifférence profonde. A mon grand regret.

Un Tartuffe pas si méchant

L’entrée en matière est plutôt réussie : les comédiens sont parfaitement bien dirigés et il se dégage une grâce naturelle dans chaque scène qui se déroule sous nos yeux. Rarement alexandrins auront été aussi bien récités pour du Molière. A l’oreille, la langue est saisissante par sa modernité et c’est un régal à écouter. Sur le plateau en revanche, c’est un peu différent.

La scénographie manque de charme. Dans l’intimité de cette maisonnée aseptisée, les portes claquent et se ferment comme dans un huis clos mais il manque un je-ne-sais-quoi pour faire de ce Tartuffe un moment parfaitement hors du temps. Une pincée de sel en somme : Tartuffe, c’est une mauvaise herbe qui s’immisce dans tous les recoins d’une maison, pas une tâche identifiée dont on ne sait plus quoi faire pour la faire disparaître. Pourtant ici, on est plus proche de la fleur fanée que du chiendent.

J’ai été assez gênée par l’interprétation de Pierre Arditi : loin de faire de Tartuffe un homme foncièrement méchant comme j’aime à voir ce personnage, il devient petit, mauvais manipulateur avec des airs à la Christian Clavier qu’on aurait tenté de rendre méchant. En vain. J’aurais adoré le détester, je me suis contenter d’y être parfaitement insensible. Jacques Weber étant en retenu en Orgon, il se dégage finalement quelque chose d’assez traditionnel pour une mise en scène que j’attendais beaucoup plus étonnante que cela. Tartuffe est un personnage si complexe et si ancré dans la complexité des relations humaines que cette forme de modération du sordide dessert la pièce. Et quand arrive la scène finale, quand ce Roi Soleil descend sur scène comme un messie, le ridicule de la situation m’a simplement fait pouffer, mais pour de mauvaises raisons. On attendait plus de ce casting de si haut niveau et c’est très dommage de réduire certains personnages à des pleureuses sur plusieurs actes. 

Décalage entre attentes et réalité ? Fort possible. Il n’en demeure pas moins que ce Tartuffe ne me restera pas en mémoire. Aussi vite vu, aussi vite oublié.

 

Avis : ★★

Du samedi 6 octobre 2018 à 20h30 au dimanche 25 novembre 2018 à 16h00

 Théâtre de la Porte Saint Martin

 

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