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Un assommant « Procès » au Théâtre de l’Odéon

« Comment, au milieu du non-sens de l’ensemble d’un tel système, la vénalité des fonctionnaires n’éclaterait-elle pas ? » Le Procès, Kafka

 

La promesse était ambitieuse : un metteur en scène polonais, Krystian Lupa pour l’un des romans les plus complexes et les plus connus de Franz Kafka, Le Procès. Le tout pour une création plusieurs fois contrariée en Pologne, soutenue par la France (entre autres) et arrivée à Paris en langue originale pour une pièce de 4h30. Malheureusement, la montagne accouche d’une souris.

Un « Procès » abscons

Cela commence pourtant bien : une scénographie impressionnante et qui joue avec un arrière-scène de manière très intelligente, des comédiens dont on ne comprend pas la langue mais dont on ressent la tension et une scène d’exposition à peu près cohérente. Et puis les premiers monologues commencent et on se dit que quelque chose cloche : pourquoi les comédiens parlent-ils si lentement ? Pourquoi le rythme de la pièce est-il si saccadé et si lent ? Est-ce une tentative de mise en abyme de l’écrasement de Josef K dans l’horreur de l’administration ?  Mais pourquoi l’imposer pendant 4h30 à un public qui butte déjà sur la compréhension de la langue ?

La pièce va ensuite de Charybde en Scylla. Lenteurs, mélange entre Le Procès et les journaux intimes de Franz Kakfa (quel est le rapport ? Je ne l’ai pas vu), association entre réalité et fiction parfaitement superficielle… Je serre les dents après le premier entracte pour donner une chance à cette création, chance parfaitement gâchée par ce passage surréaliste entre les personnages du Tribunal qui évoquent le corps d’un bébé Jésus dans du formol (pardon ?). Corps dénudés gratuitement, violence qu’on ne sait plus exprimer par la provocation et oeuvre originale triturée à l’extrême. C’en est trop pour moi.  Ce n’est plus l’absurde de ce Procès qui éclabousse la salle mais la totalement incrédulité d’un public qui assiste à une pièce qui se regarde elle-même jouer.

Je n’aurais pas assisté à la représentation jusqu’au bout : j’ai pris la fuite au 2ème entracte. Peut-être y avait-il encore des choses à sauver sur cette oeuvre pourtant incroyable ? On ne peut que l’espérer. Mais cela sera sans mon support.

 

Avis : 

Le Procès d’après Franz Kafka, mise en scène Krystian Lupa, en polonais, surtitré en français — durée estimée 4h30 (avec deux entractes)

20 – 30 septembre – théâtre de l’Odéon

 

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