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« La Dama Boba », une réflexion fine et drôle sur l’amour

« J’ai appris dans les livres pour lire vos billets. J’ai appris à écrire pour vous répondre. Je n’ai pas eu d’autre maître que l’amour; l’amour m’a enseigné. Vous êtes la science que j’apprends. »  La Dama Boba

 

De Felix Lope de Vega, je ne connais pas grand chose : mes connaissances en littérature espagnole dépassent hélas assez peu Don Quichotte. Justine Heynemann, déjà repérée avec Les Petites Reines, s’attaque avec La Dama Boba à un monument de la dramaturgie espagnole dans une mise en scène pleine de vie, d’humour et d’intelligence.

La Dama Boba ou celle qu’on trouvait idiote

Nise et Finéa sont deux soeurs : l’une est brillante et spirituelle, l’autre objectivement idiote et niaise, mais volontairement mieux dotée par son père. Il faut bien compenser pour réussir à la marier. Mais Nise est amoureuse de Laurencio, homme sans le sou, qui hésite entre séduire l’intelligente ou séduire la riche. C’est sans compter sur les projets de mariage imposés par le père des deux soeurs.

La Dama Boba, c’est presque du Molière : comédie de moeurs d’une rare modernité, drôle et savante. Mais au-delà de ce conflit entre soeurs, la pièce soulève une question fondamentale : qu’est-ce que l’intelligence ? Problématique très actuelle, dans un monde où l’intelligence émotionnelle arrive progressivement sur le devant de la scène face au savoir académique. Et que provoque fondamentalement l’amour sur nous-même : aimer, n’est-ce pas un peu se découvrir soi-même à travers l’autre ?  

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La Dama Boba, c’est aussi et surtout une très belle réflexion sur l’état amoureux. Des papillons dans l’estomac à la fureur de la jalousie en passant par la tristesse provoquée par un amour impossible ou la folie d’un désir brûlant : tout y passe. Certaines certaines sont bouleversantes et d’une très grande poésie et réveilleront des souvenirs enfouis en chacun.

Portée par une distribution très réussie (Roxane Roux est une Finéa truculente) et qui prend un plaisir manifeste à pousser les traits de ces personnages parfois grotesques mais toujours sensibles, La Dama Boba offre un moment à la fois drôle, doux et émouvant. La scénographie, très duale, joue sur le parallélisme et c’est une belle création. Quant aux numéros chantés, ils sont autant de petites pastilles de joie que d’émotions. Quand le théâtre joue avec lui-même, c’est toujours de grands moments. 

La Dama Boba est un coup de coeur qu’il ne faut pas rater : on en sort ému, le sourire aux lèvres et l’envie de chanter Britney Spears en espagnol ou Manu Chao en français. C’est rare, c’est profondément réussi !

 

 

Avis : ★★★★★

La Dama Boba de Felix Lope De Vega, mise en scène Justine Heynemann. 

Jusqu’au 17 février 2019, Théâtre 13

 

 

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