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Le Quatrième Mur, de la Compagnie des Asphodèles

Nous portons des masques de tragédie. Ils nous permettent d’être ensemble. Si nous les enlevons, nous remettons aussi nos brassards, et c’est la guerre.

 

Ancienne voisine du Théâtre des Asphodèles à Lyon, c’est toujours avec grand plaisir que je redécouvre des visages connus sur scène. A Avignon cette fois-ci, la compagnie des Asphodèles propose Le Quatrième Mur, d’après l’oeuvre de Sorj Chalandon. L’histoire est simple mais puissante : Samuel Akounis, metteur en scène grec, a un grand projet : monter Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth, dans un Liban en pleine guerre, en prenant des comédiens de tous les camps qui s’affrontent. Faute de pouvoir le réaliser à cause de la maladie, il transmet le projet comme dernière volonté à Georges, jeune metteur en scène militant avec qui il avait louer d’étroits liens. Commence alors un périple difficile dans un pays en guerre, fait de rencontres, de négociations, de pertes et de transmission.

 

La tragédie que l’on voit progressivement se mettre en scène n’est plus tant Antigone que la propre histoire de Georges confronté à un conflit qu’il subit au milieu d’une population touchée de plein fouet. Et puis il y a ces petits instants de communion, de rencontre, qui font toute la différence. Le théâtre peut-il inventer un nouveau langage de réconciliation ? Peut-on utiliser l’illusion pour construire une paix durable ? La guerre est-elle soluble dans l’art ? Georges part chercher des réponses à toutes ces questions.

Au-delà du Quatrième Mur

Et le résultat est toujours aussi remarquable. Construite comme un roman à plusieurs chapitres, la pièce mise en scène par Luca Franceschi se divise en différents tableaux particulièrement rythmés. Comme à leur habitude, les comédiens assurent eux-même des compositions musicales en beat-box, donnant à la pièce une dynamique aussi contemporaine que poétique. Les chorégraphies assurent le langage du corps, brisant progressivement ce « quatrième mur », celui que le théâtre crée entre fiction et réalité. Et donc symboliquement, celui des différences, des haines et des conflits.

Le théâtre des Asphodèles signe-là une très belle création ! Théâtre engagé, on aurait apprécié parfois un peu plus de finesse dans certaines prises de position politiques, mais le Quatrième Mur est définitivement une pièce qu’il ne faut pas manquer.

 

★★★★

 

Le Quatrième mur, en tournée en France en 2018

Voir le site Internet de la compagnie

Mes autres critiques :

 

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1 Comment

  • Reply Festival d’Avignon #OFF17 : les pièces vues – Quatrième Mur

    […] Le Quatrième Mur, Théâtre des Carmes […]

    27/07/2017 at 22:33
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    Es-tu un robot ? *