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Le printemps refleurira avec « L’Eveil du printemps » à la Comédie-Française

Nous pouvons plaindre la jeunesse, et comme elle tient son angoisse pour de l’idéalisme, et la vieillesse, comme elle veut se briser le cœur à coups de grandeur stoïque.L’Éveil du printemps

La scène est sculpturale : grande, froide, presque démente. La pièce sera éminemment cérébrale et on ne va pas se mentir, dans pareil cas, je suis souvent conquise d’avance. Avec l‘Éveil du Printemps, Clément Hervieu-Léger signe une pièce dense, dure et terriblement actuelle. Un vrai coup de coeur !

L’Eveil du printemps : l’adolescence à fleur de peau

On avait quitté Clément Hervieu-Léger avec Le Petit Maître Corrigé, pièce de Marivaux très peu jouée mais d’une grande finesse. Avec l’Eveil du Printemps, le nouveau sociétaire fait rentrer Frank Wedekind au répertoire du Français avec une pièce également très peu jouée et bien plus sulfureuse.

L’Eveil du Printemps, jouée pour la première fois en 1906, raconte l’histoire de plusieurs adolescents allemands dans la première moitié du XXème siècle, dans cette société corsetée si longuement décrite par Freud ou Stefan Zweig. A la découverte de leur corps, de leur sexualité ou des grands tabous qui peuplent les jeunes esprits à cette période de l’existence (suicide, homosexualité, masochisme…), la troupe de la Comédie-Française renoue avec l’âge ingrat avec une beauté non feinte. 

 

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La claque Christophe Montenez

Triste et tendre à la fois, L’Eveil du Printemps est ici sublimée par la scénographie très mentale de Richard Peduzzi. Tantôt enfermés, tantôt libérés, les comédiens évoluent dans un espace très symbolique dont le monochrome renforce la puissance. Jour ou nuit, aube ou crépuscule, c’est l’entre-deux de l’adolescence entre l’enfance et l’âge adulte qui est mis en lumière et en mouvement. 

Que dire de la troupe ? Avec plus de vingt comédiens sur scène et une moyenne d’âge d’une jeunesse battant tous les records, la Comédie-Française montre une nouvelle fois son portefeuille de talents et de possibles. Sébastien Pouderoux (adoré dans Une Pierre qui…) est un Melchior intense par sa capacité d’intériorisation, Georgia Scalliet rayonne de candeur et de drame. Julien Frison, gracieux, est aussi naturel qu’intimidant dans ses scènes d’amour. Quant à Christophe Montenez, aussi fragile que puissant, il irradie par sa présence dangereuse et sa timidité touchante. Ses répliques sont des coups de poing dans le coeur, il a été ma révélation de cette pièce. Il y a quelque chose de la beauté du Cercle des Poètes Disparus dans cette troupe qui avance tambours battants et coeur en bandoulière pendant ces 3 heures de spectacle. 

 

Parfois trash, toujours juste et avec une émotion réelle qui m’a emportée, L’Eveil du Printemps est une pièce intense, belle et qui dérange. Un moment particulièrement marquant ! 

 

Avis : ★★★★★

 

L’Éveil du printemps, de Frank Wedekind, mise en scène Clément Hervieu-Légier

Jusqu’au 8 juillet 2018 à la Comédie-Française

Photo de couverture réalisée par Christophe Raynaud de Lage.

Toute la magnifique série sur son site Internet

 

 

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