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La Comédie-Française 2.0 : rencontre avec ceux qui font la vie numérique du Français

Un nouveau site, des comptes hyperactifs sur les réseaux sociaux, des retransmissions en direct et même parfois du live sur Périscope. Aucun doute sur la question : la Comédie-Française est résolument 2.0 ! Depuis l’arrivée d’Éric Ruf en 2014, la vénérable maison de Molière se modernise, se digitalise et revendique une vraie ambition de création contemporaine. Alors peut-on être une institution vieille de 337 ans et prendre malgré tout le train du numérique ? Rencontre avec les artisans de cette transformation, Arthur Lenoir et Charlotte Brégégère, en charge de la communication numérique de la Comédie-Française.

Arthur et Charlotte, on vous croise souvent sur les réseaux sociaux mais toujours dans l’ombre des comptes Comédie-Française. Pouvez-vous vous présenter ?

Arthur Lenoir : je suis arrivé le 15 janvier 2007 à la Comédie-Française, le jour de l’hommage à Molière ! J’ai d’abord été recruté pour la première refonte du site Internet, à l’époque où l’on souhaitait se lancer dans la billetterie en ligne. Le site avait déjà 10 ans puisque lancé en 1997. Et puis progressivement, mes missions ont évolué : avec la nouvelle administration d’Éric Ruf qui s’est très vite intéressée à la question des réseaux sociaux et à leur possibilité d’interaction avec le public. On a ainsi lancé la Comédie-Française sur les réseaux sociaux.

Charlotte Brégégère : je suis de mon côté arrivée en décembre 2016 pour aider Arthur et consolider l’influence de la Comédie-Française sur les réseaux sociaux. Généralement, nous nous répartissions les tâches de manière assez transverse. Par exemple, je peux préparer les posts sur Facebook, Arthur gère plutôt la modération. Je suis essentiellement derrière le compte Instagram et Arthur gère plutôt le compte Twitter. On se partage aussi les missions en fonction de nos affinités.

Cette année a été particulière avec la refonte site et de la billetterie. Pouvez-vous nous raconter les coulisses de ce changement ?

Arthur Lenoir : le projet est lancé depuis 2014 mais nous avons été confrontés à la lenteur du développement. Nous avions les mêmes infrastructures depuis 1997 et cela a posé de nombreux problèmes techniques, jusqu’à ce que nous décidions de tout reprendre de zéro. Le premier objectif était de pouvoir rendre la billetterie accessible sur mobile. Le projet n’est pas encore terminé, nous consolidons toujours avec la bibliothèque-musée les parties « aujourd’hui et hier ». À terme, chaque spectacle aura son contexte d’aujourd’hui, en lien avec celui d’hier. Un autre objectif que l’on ne perd pas de vue, c’est de faciliter l’achat du billet, en un minimum de clics. On vend de plus en plus de billets en ligne (40% des ventes aujourd’hui), le site répond aussi aux changements d’usages des spectateurs.

 

 

Le site a récemment été primé par des professionnels du web (prix Stratégies du Brand Content, médaille d’or aux Lovie Awards), notamment pour cette construction présent/passé. Pourquoi cette volonté d’insister sur l’héritage de chaque pièce?

Arthur Lenoir : nous avons passé de nombreux moments avec Éric Ruf pour que le site représente au mieux sa vision du théâtre. La problématique du « hier/aujourd’hui » vient de son discours, il insiste beaucoup sur le fait que la Comédie-Française a pour mission de présenter tous les théâtres, que le passé et le présent ne sont aucunement en opposition mais complémentaires et que tel à toujours été le cas à la Comédie-Française. Aucune de ces deux parties ne doit faire oublier l’autre. Nous sommes une institution qui a la chance d’avoir une histoire très riche et très documentée. Ces fonds sont une vraie opportunité, ils nous permettent d’avoir un regard, une profondeur de lecture relativement inégalée. Nous avons également une mission de service public en matière de patrimoine, et nous devons mettre en valeur notre répertoire. Mais nous ne sommes pas un théâtre-musée : la Comédie-Française est un lieu de création très contemporain depuis son origine. Nous essayons de véhiculer ces valeurs à travers notre site internet.

Vous êtes de plus en plus présents sur les réseaux sociaux. Plus de 40 000 abonnés sur Twitter, 33 000 sur Facebook. Comment utilisez-vous ces pages et quelles sont vos stratégies d’animation de toutes ces communautés ?

Arthur Lenoir : sur Facebook et Twitter, nous avons un double objectif : la promotion des spectacles et la mise en valeur de la troupe et de notre patrimoine. Nous gérons également par messages privés les questions du public, des problèmes de billetterie aux questions sur la distribution d’un spectacle. Aujourd’hui nous n’avons pas de compte dédié au SAV mais cela viendra certainement un jour. Au total, depuis une optimisation de la page contact sur le site, nous gérons une quinzaine de messages par jour, ce qui reste gérable pour une aussi petite équipe. Sur les réseaux sociaux, nous sommes également attentifs aux réactions du public. Nous lisons tous les commentaires sur Facebook ou Twitter, nous lisons un maximum d’articles de presse, mais aussi les articles des blogueurs. Nous poussons ensuite sur les comptes de la Comédie-Française les contenus qui nous paraissent intéressants (photos, vidéos) et qui ne sont pas de la publicité déguisée. Nous aimons surtout que les internautes échangent entre eux !

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Il y a d’ailleurs sur Twitter une vraie communauté de blogueurs théâtre. Quelle relation avez-vous avec ce public si particulier et de manière plus générale avec les influenceurs ?

Arthur Lenoir : pour l’annonce de la saison 2016-2017, nous avions invité une petite liste de personnes actives sur Twitter ainsi que quelques influenceurs. C’est quelque chose que nous avons vraiment envie de développer sur les prochaines saisons. Nous surveillons de près ces communautés et nous aimerions nous appuyer plus sur elles, mais c’est encore embryonnaire pour le moment.

Charlotte Brégégère : sur Instagram, nous essayons d’inviter des influenceurs qui font des stories sur la Comédie-Française, surtout des influenceurs lifestyle. Ils sont souvent très réceptifs et friands de ces visites culturelles. Nous aimerions pouvoir progressivement nous appuyer sur des influenceurs sur du long terme mais nous faisons très attention à ce que leurs contenus restent naturels, nous ne faisons pas de brief par exemple. Nous sommes une institution culturelle, nous ne voulons pas rentrer dans une démarche de publicité déguisée.

 

La Comédie-Française est manifestement en plein dans sa transformation numérique. Quelles seront les prochaines étapes?

Arthur Lenoir : nous sommes une institution culturelle donc nos budgets sont essentiellement tournés vers la production artistique. Cette transformation numérique est aussi liée aux transformations artistiques en cours. Mais nous n’avons pas de plan défini jusqu’en 2020 par exemple, nous créons nos ambitions saison par saison. Aujourd’hui notre priorité du moment, c’est d’améliorer nos productions de vidéo (reportage sur la troupe, coulisses du spectacle etc.). Nous souhaitons également maintenir une présence forte et régulière sur les réseaux sociaux et finaliser le site Internet.

Quelques questions plus personnelles maintenant ! 🙂 Votre spectacle préféré ?

Arthur Lenoir : Les Damnés, c’est le spectacle le plus fort qu’on ait fait ces dernières années. Je l’ai vu et revu !

Charlotte Brégégère : Vania

Votre hashtag favori  ?

Arthur Lenoir : On utilise finalement assez peu d’hashtags, sauf sur Instagram. À l’époque des 140 caractères, c’était déjà très compliqué de tout dire sur nos tweets (noms du spectacle, mise en scène, dates…). On les utilise surtout pour des opérations spéciales comme #CF1718 pour le lancement de saison. Du coup, mon hashtag préféré serait #MuseumWeek, j’ai vraiment aimé cet usage des hashtags entre différentes institutions culturelles.

Charlotte Brégégère : Pour moi ce serait les hashtags autour des comédiens. C’est tellement plus facile de retrouver des contenus ensuite !

Et pour finir, de quoi êtes-vous le plus fier ?

Arthur Lenoir : fier que tout ceci existe ! Nous avons tout créé de zéro, c’est un plaisir d’avoir créé toutes ces choses et de les voir évoluer, d’avoir un compte retweeté par des milliers de personnes. Actuellement je suis aussi très content des projets en cours de refonte des lettres d’informations, ou tout simplement des prix reçus pour le site internet. Il y a aussi une vraie fierté de travailler dans un lieu aussi génial. Tous les jours, c’est un plaisir de se dire qu’on travaille dans une institution aussi riche, qui fait d’aussi bons spectacles avec une troupe si talentueuse. Je pense que la période actuelle sera retenue dans les décennies à venir comme une période marquante.

Charlotte Brégégère : notre travail, c’est de présenter la Comédie-Française et ses comédiens. C’est une vraie fierté de pouvoir contribuer à tout cela !

 

Un grand merci à Arthur et Charlotte pour leur accueil et pour avoir bien voulu répondre à mes questions !

 

Pour suivre la Comédie-Française :

 

Pour en savoir plus sur la place du numérique dans le théâtre

L’excellente recherche du Laboratoire Théâtre & Médiations Numériques

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3 Comments

  • Reply Quatrième Mur – Blog Théâtre - 2017 s'achève ! - Quatrième Mur - Blog Théâtre

    […] La rencontre avec Arthur et Charlotte, en charge de la communication numérique de la Comédie-Française […]

    30/12/2017 at 21:31
  • Reply Quatrième Mur – Blog Théâtre - « Interdit au public », visite dans les coulisses de la Comédie-Française - Quatrième Mur - Blog Théâtre

    […] La Comédie-Française 2.0 : rencontre avec ceux qui font la vie numérique du Français […]

    03/02/2018 at 21:11
  • Reply La Comédie-Française 2.0 : rencontre avec ceux qui font la vie numérique du Français | TMNlab

    […] Alessandra, du blog Quatrième Mur, est allée à la rencontre d’Arthur Lenoir et Charlotte Brégégère, en charge de la […]

    19/03/2018 at 23:41
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