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La Machine de Turing décodée au Théâtre Michel

« Les idées nouvelles effraient la plupart des gens. » La Machine de Turing

 

Alan Turing est une figure emblématique de l’histoire de l’informatique – à tel point qu’Apple lui a dédié son célèbre logo de pomme. Avec La Machine de Turing, Benoit Solès (auteur) et Tristan Petitgirard (mise en scène) font revivre une histoire trop longtemps oublié qui prend ses racines dans l’Angleterre des années 1930. Une pièce haute en couleurs parfaitement réussie !

La double Machine de Turing

Benedict Cumberbatch avait donné un visage nouveau à Alan Turing avec Imitation Game sorti au cinéma en 2015. Mathématicien génial, presque autiste, Alan Turing, alors qu’il réalise une thèse en Angleterre, rejoint en 1939 une équipe de services secrets britanniques pour briser Enigma, un code secret utilisé par les Allemands pendant la guerre pour communiquer. Les milliards de combinaisons possibles laissent les Anglais devant une montagne à franchir, qu’Alan Turing décide de gravir à l’aide d’une machine spéciale, la Machine de Turing : le premier ordinateur au monde.

Au-delà de l’histoire passionnante de cette trouvaille scientifique qui change littéralement le cours de la seconde guerre mondiale, Benoit Solès s’attaque dans sa pièce à l’autre « machine » de Turing, celle de son coeur et de ses préférences amoureuses. Homosexuel condamné, Alan Turing est aussi représentatif d’une époque aux moeurs contraignantes.

 

 

Dans cette Angleterre des années 1940 puis 1950, une bonne dizaine de personnages se croisent, se rencontrent et évoluent ensemble. Pourtant, il n’y a que deux acteurs sur scène, Matyas Simon et Eric Pucheu (en alternance avec Benoît Solès et Amaury de Crayencour). Si Alan Turing est constamment sur scène et interprété avec force et brio, avec ses démons, sa sensibilité et son bégaiement par Matyas Simon, c’est Eric Pucheu qui prend en charge l’ensemble des autres personnages, du policier à l’amant en passant par les collègues de travail. Une interprétation riche, intense et bien rythmée, pour une pièce très bien écrite servie par une scénographie terriblement simple et efficace. Avec un usage sobre mais puissant de la vidéo, un espace modulable sans être minimaliste, la mise en scène rend parfaitement hommage à l’ambiance 1950’s des universités anglaises.

La Machine de Turing n’a définitivement pas volé son succès : 4 Molières en 2019 (Molière du théâtre privé, du metteur en scène pour Tristan Petitgirard, du comédien pour un spectacle de Théâtre privé pour Benoit Solès, de l’auteur francophone vivant pour Benoit Solès) et des représentations qui se jouent à guichet fermé. On aime particulièrement la simplicité d’approche, la sensibilité réelle d’une écriture et d’une interprétation de qualité et bien entendu, le plaisir de virevolter avec intelligence dans une époque plein de secrets. 

Avis : ★★★★

 

La Machine de Turing, Théâtre Michel, jusqu’au  27 juin 2020

 

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