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Le lumineux « songe à la douceur » de Justine Heynemann au théâtre Villette

Ô mon amour, ça serait mal, ça serait un très gros scandale, restons stoïques, embrassons-nous, un énorme éclatant bisou – Songe à la douceur 

 

Les amours ratés ont fait couler beaucoup d’encre au théâtre et dans la littérature, mais les retrouvailles entre Clémentine Beauvais et Justine Heynemann, avec « Songe à la douceur« , ont de quoi raviver vieux souvenirs adolescents et coeurs brisés encore trop récents. Une nouvelle création pleine de tendresse. 

Songe à la douceur : tendresse et dureté des amours adolescents 

Tiré du roman éponyme de Clémentine Beauvais, lui-même inspiré du Eugène Onéguine de Pouchkine, Songe à la douceur est d’abord une histoire d’amour manquée. Celle de Tatiana, 14 ans, amoureuse de Eugène, le meilleur ami de Lensky, lui-même amoureux d’Olga, la soeur de Tatiana. (ça va, vous suivez ?). A cet âge pourtant si ingrat où l’on découvre que le coeur n’est pas qu’un muscle, ces quatre adolescents se cherchent, se trouvent un peu puis se perdent. Des années plus tard, Tatiana et Eugène se retrouvent dans le métro par hasard, et décident de reprendre là où leur histoire s’était arrêtée, une dizaine d’année auparavant. 

Justine Heynemann, qui s’était déjà attaquées aux Petites Reines de Clémentine Beauvais, renoue avec les thèmes adolescents, en leur apportant profondeur et joie de vivre. Car malgré les larmes, les drames, il y a dans ces coeurs adolescents encore naïfs quelque chose de joyeux, de doux et d’absolu. Se superpose alors à la lecture plus enfantine de la pièce une lecture plus adulte, plus mature, qui rappellera aux grands amoureux que la quête n’est jamais terminée, et que les plus grandes histoires peuvent parfois s’éprouver dans un espace temps limité. Avant le sel des larmes, et la reconnaissance de ces moments vécus. 

Dans un format musical que l’on commençait à entrevoir avec sa Dama Boba, Justine Heynemann nous propose une version chantée entraînante de ce songe à la douceur, portée par des comédiennes et des comédiens convaincants. Coup de coeur évident pour l’interprète de Tatiana, Elisa Erka, dont la voix, la douceur et l’intensité donnent toutes ces couleurs à la pièce. On y retrouve aussi Benjamin Siksou, aperçu dans les Souliers-Rouges, dont la gueule d’ange se prête particulièrement bien aux traits d’un Eugène tourmenté. La mise en scène est simple, efficace et parfois aux couleurs fraîches à la Jacques Demy, portée par un musicien live virtuose. 

On sort de ce Songe à la Douceur le sourire aux lèvres, ému de ces amours entre intensité adolescente et émancipation d’adulte. Comme si l’amour au fond, pouvait tout, surtout se révéler à soi-même. Un très beau moment. 

 

Avis : ★★★★

Songe à la douceur, d’après le roman de Clémentine Beauvais, mise en scène Justine Heynemann. 

Théâtre Paris-Villette, jusqu’au 6 février 2022

 

Crédit photo : Cindy Doutres

 

 

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